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À propos

Laurent Winsback, sylvothérapeute

Mon nom est Laurent Winsback et je suis malade. J’appartiens à la seule espèce de la planète Terre qui se divise au point de compromettre sa propre survie et celle des autres.

J’ai commencé à prendre conscience de ma maladie grâce à une dépression en 2007. C’est la nature qui m’en a sorti. Au printemps 2008, j’ai été mystérieusement aimanté par les plantes sauvages. J’ai soudain ressenti le besoin de connaître leurs noms, leurs usages alimentaires et médicinaux. Elles m’ont fait prendre conscience de la magie du vivant et du rôle, à la fois dérisoire et crucial, qu’il m‘était proposé de tenir dans cette folle farandole.

J’ai d’abord cru qu’il me fallait guérir.

J’ai travaillé sur moi, me suis formé assidûment à de nombreuses disciplines d’abord en lien avec la nature puis avec la nature de l’être humain. J’ai découvert les approches corps-esprit, l’accompagnement psycho-émotionnel, les soins énergétiques. J’ai appris à lâcher prise et j’ai accepté, non sans quelques résistances dues à mon conditionnement cartésien, ma dimension spirituelle.

La dépression m’a quitté, pas la maladie.

Plus que jamais, j’ai conscience d’être humain et donc de porter en moi ce chaos effrayant qui ronge mon espèce depuis tant de générations. J’ai été élevé, éduqué, formaté par des parents, des professeurs, des dirigeants qui avaient eux-mêmes été élevés, éduqués, formatés par des êtres humains profondément divisés, aux œillères tranchantes comme leur déni : « moi je vais très bien, le problème c’est l’autre ». L'autre pays, l'autre religion, l'autre parti politique, l'autre école de pensée, l'autre confrérie, l'autre classe sociale, l'autre sexe...

Je suis une minuscule cellule d’un immense corps malade : l’humanité divisée. Je sais aujourd’hui que je ne pourrai jamais me considérer comme guéri tant que ce corps ne le sera pas, et j’éprouve parfois un profond désespoir face à mon impuissance. Je suis bien trop vieux et abîmé pour redevenir une cellule souche. A mon échelle, je ne peux qu’apprendre à me connaître et me nettoyer pour servir au mieux l’organisme auquel j’appartiens. La guérison n’est pas une destination qui dépend de moi seul, mais elle n’en reste pas moins le seul chemin qui vaille à mes yeux. Me soigner et accompagner mes semblables qui le désirent à se soigner est à la chose la plus urgente et la plus importante que je puisse faire de ma vie.

Seul, je me découragerais facilement, mais la nature est toujours là qui m’accompagne. Les plantes sauvages, bien sûr, et les arbres en particulier qui sont devenus mes confidents, mes frères, mes maîtres… Eux ne sont pas malades, du moins pas comme moi. Ils me transmettent leur calme, leur sagesse, leur verticalité entre terre et ciel. Ce sont eux qui m’ont poussé à enseigner ce que j’ai commencé à apprendre, même si je suis toujours malade. « Amène nous des humains », m’ont-ils confié un jour pour mission… Ainsi adoubé sylvothérapeute, j’ai choisi « Rester nature » pour blason.

Rester nature, c’est la valeur profonde qui me rappelle de prendre soin de moi comme de mon environnement.

Rester nature, c’est mon mantra protecteur qui contribue à mon équilibre dans une société où la course à l’artificialisation semble toujours plus délirante.

Rester nature, c’est ma vocation, pour accompagner celles et ceux qui souhaitent s’aventurer sur ce chemin de guérison de leur humanité.